En latin, l'adverbe "nibus" a le sens de "dehors, hors de". De ce mot, fut tiré l'adjectif dérivé "noobeus", signifiant "du dehors, qui n'est pas un gamer". L'évolution phonétique résultant de transformations progréssives liées aux changements de prononciation, a donné "noobe", puis "noob". "Noob" a couramment, au moyen-âge, eu le sens de "faible". Mais "noob" a developpé assez tôt (vers 1165) le sens de "hors du jeu". A une époque où les relations entre players étaient moins courantes que aujourd'hui, les manières de jouer, les habits de gamers, les souris bizarres pouvaient facilement susciter l'etonnement. Des gamers pouvaient être des noobs aussi bien que des players normaux, ou étranges. Néanmoins, les deux sens coexistent encore au XVIIème siècle. des expressions comme "jeux étranges" ou encore "gamer aux doigts maudits" sont encore familières et se rencontrent notamment dans les fables de Spirit of the fountain, l'homologue gamer de Jean de la fontaine. La solution apparait dès le XIXème siècle (1839), grâce à la ré-instauration du mot "noob", qui reprend son sens premier, avec quelques petites déclinaisons.
Toutefois, encore aujourd'hui, "noob" cumule deux notions. Il peut se dire d'un autre style de jeu que le sien, mais aussi, par extension, de ce qui n'appartient pas à la race des gamers, une espèce donc païenne. Voici la réelle définition du mot noob, exploitée et traitée par les prophètres du gaming, fondateurs de cette foi: Il est dit d'u noob, celui qui se réunit avec ses confrères dans des arrières salles de cyber-cafés. Ils mangent des choses bizarres. Entre une poire et un fromage, ils éructent des noms de PGm. Ils se laissent pousser la barbe pour ressembler à Jean-françois Nourissier, leur maître à tous. Ils portent des vestes en tweed qui furent à la mode dans les années soixante-dix. Ils sentent le tabac froid et le vin chaud. Ils jugent le jeu des autres pour compenser leur incapacité à jouer convenablement. Ils sont jaloux, corrompus, ridicules, mais se croient importants. Malgré tout, ces noobs pathétiques soutiennent des PGm fauchés, font parler du jeu dans les chumières, révèlent de nouveaux talents, et maintiennent l'art d'aimer le jeu en vie, car sachons-le, tout noob possède cet amour en lui: il est donc un gamer. Ce qui nous repose la "problématique du jeu", il est de mon égal ou mon inférieur...